« Un matin, je me suis levée avec l’envie de faire quelque chose de ma vie. Quelque chose qui me ressemble et qui me rend fière. »
C’est avec cette phrase qu’Érika Valcourt résume le début d’un parcours qui allait finalement la mener beaucoup plus loin qu’elle ne l’imaginait.
Au cours des deux dernières années, j’ai eu la chance de suivre le parcours d’Érika à travers sa candidature au Gala Les Exception’Elles et de découvrir tout le chemin qu’elle a parcouru depuis son passage au COFFRE. Cette année, j’étais donc particulièrement heureuse d’assister à un moment important de son histoire : la remise du Prix Émergence.
Mais avant d’en arriver là, il a fallu essayer, patienter, persévérer… et surtout apprendre à croire en elle.
À la suite d’une visite à Services Québec, Érika est dirigée vers le COFFRE et le programme Nouv’Elles Avenues +. L’idée de participer à une démarche de groupe ne l’emballe pas tellement au départ.
« J’ai hésité à y aller parce que c’était en groupe. Mais Melissa m’a convaincue. »
Elle décide donc de tenter sa chance. Elle est contente d’être dans un petit groupe, ce qui lui permet de créer rapidement des liens avec les autres participantes. Encore aujourd’hui, Érika garde un souvenir précieux de ces rencontres.
Au fil de la démarche, quelque chose d’autre se produit : elle apprend à mieux se connaître.
« Nouv’Elles Avenues + m’a aidée à travailler sur moi-même. J’y ai vécu beaucoup d’émotions, mais j’avais un but : avoir un métier qui me rende heureuse. »
Avec Melissa, conseillère en emploi et Frédérique, conseillère d’orientation, elle explore différents métiers. Peu à peu, une possibilité se démarque : l’électromécanique.
Elle aime apprendre, travailler de ses mains et n’a pas peur de se salir. Dans sa candidature au Prix Émergence, elle le résume d’ailleurs à sa façon : « Je passe de talons hauts à caps d’acier en claquant des doigts. »
Elle a trouvé sa voie. Reste maintenant à pouvoir y accéder.
Érika n’a pas les prérequis nécessaires pour entrer au DEP en électromécanique de systèmes automatisés. Elle s’inscrit donc à La Relance afin d’obtenir son équivalence de secondaire 5. Deux semaines plus tard, elle l’a en poche.
Elle s’inscrit ensuite au DEP… et se retrouve sur une liste d’attente.
« C’était interminable! »
Puis, un matin, le fameux courriel apparaît dans sa boîte de réception : elle est acceptée.
En janvier 2025, Érika fait son entrée à l’école Pierre-Dupuy pour entreprendre les 1 800 heures de formation de son DEP. Très rapidement, le doute laisse place à une certitude.
Elle est exactement là où elle doit être.
Érika réussit très bien ses cours et ses examens. Elle est elle-même surprise par sa facilité à apprendre. Elle me confie d’ailleurs que la réussite de ses examens compte parmi ses plus grandes fiertés professionnelles.
Mais pendant que son projet professionnel prend forme, sa vie personnelle est bouleversée. Une séparation, un déménagement, le défi de concilier sa vie de maman monoparentale, puis le décès de son père en décembre 2025.
Son père était son pilier. Elle avait l’habitude de lui envoyer des photos de ses projets et de ses réalisations pendant sa formation. Il suivait son parcours de près et était fier d’elle.
Après son décès, continuer devient beaucoup plus difficile.
« J’ai vraiment cru que je n’y arriverais pas. »
Elle y arrive pourtant. Même lorsqu’elle pense abandonner, elle revient à la raison qui l’avait poussée à commencer : elle veut un métier qui la rende heureuse et fière, pour elle et sa fille.
En juin 2026, elle passe son tout dernier examen. À sa sortie, elle se retourne vers l’école et les émotions prennent toute la place.
« Je me suis mise à pleurer. J’avais réussi! »
Très rapidement, Érika trouve un stage dans une compagnie minière, puis y décroche un emploi comme électromécanicienne.
Et lorsqu’on lui demande ce qu’elle aimerait dire aux femmes qui hésitent encore à prendre leur place dans un métier traditionnellement masculin, sa réponse est instinctive :
« Continuez malgré les regards, malgré ce que les autres pensent. Tout est possible! »
Et au COFFRE?
« Merci d’avoir cru en moi et de m’avoir offert ce cadeau : croire en moi. »