Découvrir les parcours de vie de nos participant.es est une richesse que j’apprécie énormément dans le cadre de mon travail; c’est toujours un plaisir, mois après mois, de vous en faire découvrir un.
Lorsque Hermann Isaac Georges Nkengmagni arrive au Canada le 10 octobre 2025 avec son épouse et leurs deux jeunes enfants, il ne s’agit pas d’une décision prise sur un coup de tête. Pendant près de deux ans, la famille a préparé ce changement de vie et réfléchi à ce qu’elle souhaitait trouver de l’autre côté de l’Atlantique.
Originaire du Cameroun, Hermann recherchait notamment un environnement multiculturel où la diversité, le respect et la liberté occupent une place importante. Mais surtout, l’immigration était un projet pensé en famille.
« Notre projet d’immigration, on y a réfléchi en famille », explique-t-il. Leurs enfants aussi, malgré leur jeune âge, ont été inclus dans cette nouvelle aventure.
À son arrivée au Québec, Hermann possède déjà un parcours impressionnant. Titulaire d’une maîtrise en droit public et d’une licence professionnelle en gestion du transport et de la logistique, Herman arrive au Québec avec près de 18 années d’expérience professionnelle derrière lui. Son parcours au sein d’organisations nationales et internationales au Cameroun lui a permis de développer des compétences variées en administration, en gestion, en finances et en logistique. Il a notamment passé les neuf dernières années et demie au sein d’une ONG américaine, où il a gravi les échelons jusqu’à devenir responsable régional des opérations.
Son arrivée au Québec marque toutefois le début d’une nouvelle étape tant sur le plan social que professionnel.
Installée d’abord à Longueuil, la famille se met rapidement en action. Hermann s’inscrit à HEC Montréal pour suivre un certificat en gestion de la chaîne logistique. De son côté, son épouse diplômée d’une licence en science de gestion obtient une bourse pour suivre une formation de préposée aux bénéficiaires à Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle souhaite renouer avec sa passion de soutien pour les personnes dans le besoin.
Pour Hermann, pouvoir bénéficier aussi rapidement de telles possibilités après leur arrivée a été une expérience marquante.
« J’ai trouvé ça extraordinaire. C’est quelque chose qui nous a beaucoup marqués positivement et qui a davantage renforcé notre choix. »
Pendant sa formation, son épouse doit d’abord faire le trajet entre Longueuil et Saint-Jean-sur-Richelieu en transport collectif. En plein hiver, les journées commencent parfois dès 4 h du matin, entre le transport et les défis de la gestion familiale. Heureusement, une camarade de classe qui habite également Longueuil lui propose de faire la route avec elle, ce qui allège considérablement son quotidien.
Au terme de sa formation, son épouse obtient un emploi à Saint-Jean-sur-Richelieu, la décision est alors prise : la famille déménage et s’installe dans la région le 1er juillet 2026. Elle y trouve un appartement qui correspond à ses besoins et à son budget, à quelques minutes à pied d’un parc pour les enfants.
Dans son parcours d’installation, Hermann se tourne également vers L’ANCRE afin de bénéficier des services d’intégration et d’accompagnement offerts aux personnes nouvellement arrivées. Cette démarche permet à sa famille et à lui de mieux comprendre leur nouvel environnement et de poursuivre leur intégration dans leur nouvelle communauté.
Aujourd’hui, Hermann poursuit ses études tout en réfléchissant déjà à la prochaine étape. Il souhaite intégrer le marché du travail et entreprendre un accompagnement en emploi au Quartier de l’Emploi.
Malgré son expérience professionnelle au Cameroun, il sait qu’un nouveau défi l’attend : acquérir LA première expérience québécoise.
Plutôt que d’attendre la fin de ses études, il souhaite commencer dès maintenant à créer des occasions professionnelles.
Cette volonté d’anticiper résume bien la façon dont Hermann et sa famille vivent leur parcours migratoire : se préparer, comprendre leur nouvel environnement et avancer une étape à la fois.
Même le premier hiver, pourtant appréhendé par beaucoup de nouveaux arrivants, s’est finalement déroulé « comme une lettre à la poste », raconte-t-il.
Et les enfants? Leur adaptation est peut-être ce qui impressionne le plus leurs parents. Il observe avec étonnement leur facilité à s’intégrer, à apprendre et à développer leur vocabulaire.
Quelques mois seulement après leur arrivée au Québec, la famille continue de bâtir ses repères. Et à entendre Hermann raconter leur parcours, une chose ressort clairement : pour eux, l’intégration se construit ensemble (la famille, la ville, les structures offertes et ainsi que les habitants), un pas à la fois.