Portrait employé COFFRE Saint-Hubert : Mame Diarra Ndiaye

Pour célébrer le Mois de l’histoire des Noirs, l’ANCRE présentera tout au long du mois de février des personnalités différentes issues de la communauté noire.

Chacun des portraits présentera leur parcours professionnel et personnel ainsi que les obstacles et défis auxquels ils ont été confrontés. Grâce à ces entrevues, le grand public pourra mieux comprendre et saisir leurs enjeux, comment leur emploi influence leur perception du milieu et comment ils amènent un nouveau regard sur l’intégration de nouveaux arrivants.

À leur manière, ils font une différence en matière d’intégration et d’orientation en occupant des postes qui peuvent agir de manière positive sur la perception des gens face aux personnes noires dans leur milieu de travail. Comme la mission principale est d’aider les gens, ces portraits auront pour but d’inspirer, favoriser la rencontre de l’autre et sensibiliser la population à la réalité des gens issus de leur communauté noire.

 

Tout pour la famille

Sénégalaise d’origine, Mame Diarra Ndiaye, conseillère en emploi pour COFFRE Saint-Hubert, établie au Québec depuis 2008, nous partage son parcours professionnel et personnel rempli d’espoir et de détermination.

 

 

« Tout pour la famille » pourrait facilement être le titre de la biographie de Mme Ndiaye.

Issue d’une famille sénégalaise de cinq enfants, la jeune Mame, enfant extravertie, souriante et même un peu pipelette, grandie dans un milieu familial où l’entraide, la compassion et la bienveillance règnent. Après le décès de son père à l’âge de 4 ans, Mame, ainsi que sa mère et ses frères et sœurs, ont pris la charge et la responsabilité de subvenir non seulement à leurs besoins personnels, mais aussi aux besoins de la famille. Étant soutenue par sa mère et sa fratrie avec des encouragements répétés et des appels au dépassement, Mame a vite pris conscience des réalités familiales en plus de confirmer son besoin de poursuivre ses études pour atteindre de nouveaux sommets.

 

 

Réussir son immigration

Ce n’est que quelques années plus tard, que Mame, alors enceinte de son premier enfant, caresse l’idée de venir s’établir au Québec. Après avoir habité en France pendant 7 à 8 ans, immigrer au Canada lui semble une belle opportunité pour elle de s’ouvrir au monde, de sortir de sa zone de confort en plus d’être un endroit propice pour élever sa famille. C’est donc d’un commun accord qu’elle et son mari entreprirent leurs processus d’immigration au Canada. Bien préparés à ce grand moment, ils ont pu être accueillis par son frère et sa belle-sœur déjà établis sur le territoire. Il fut plus « facile » pour elle de s’intégrer grâce à un réseau de contacts, connaissances, amis et proches de la famille pour accélérer le processus. Sans pression immédiate de se trouver un emploi grâce à l’aide financière de son mari, qui la supportait à distance (retourné en France à ce moment-là), Mame développe peu à peu son cercle personnel; tout en gardant en tête sa priorité de vivre une belle maternité. Elle fréquente donc le CLSC du secteur, discute avec le personnel, se trouve un hôpital et obtient du même coup un suivi gynécologique; ce qui lui a permis de se repérer davantage dans le système de santé québécois. Tout le soutien dont elle a pu bénéficier l’a aidé à passer en vitesse supérieure : trouver une place en garderie dans l’espoir de revenir sur le marché du travail par la suite.

 

Une rencontre qui allait tout changer

Vivant à ce moment-là dans la grande région métropolitaine de Montréal, Mame fait une rencontre déterminante pour la suite de son parcours professionnel : un certain «Doudou Sow», qui à l’époque, s’occupait de diriger un projet de mentorat au Québec. Ayant reçu une formation en gestion des ressources humaines et en sciences sociales, ce projet lui a permis de vivre une intégration progressive sur le marché du travail. À ce moment-là, Mame a été mise en contact avec une conseillère en employabilité via le projet de mentorat. Agissant à titre d’observatrice, Mame a pu voir cette personne en action, en apprendre plus sur le métier de conseillère; ce qui lui a servi de tremplin pour réintégrer le marché du travail. Après cette expérience de recrutement de ressources humaines, Mame a travaillé pour diverses entreprises en tant que recruteur pendant 2 ans. Cependant, elle a vite conclu que le métier de recruteur en entreprise ne lui convenait pas, mais surtout ne répondait pas à ses valeurs et à ses convictions. Elle a donc concentré ces efforts sur la recherche d’un poste semblable, mais dans un organisme communautaire.

 

À la recherche de nouveaux défis

Entre 2013 à 2021, Mame a travaillé en employabilité pour deux organismes situés à Montréal, ajoutant du même coup une dizaine d’années d’expérience dans le domaine de l’employabilité au Québec. Durant ces années, Mame, résidante de Longueuil, faisait à ce moment-là, 1 h 30 à 2 h de voyagement par jour. Étant maman d’un jeune enfant, la possibilité de travailler pour un organisme plus près de son lieu de résidence semblait être une option plus qu’intéressante. C’est là, qu’entre en jeu, le COFFRE Saint-Hubert. Non seulement le COFFRE se situe beaucoup plus près de chez elle, mais répondait également à son besoin constant de relever de nouveaux défis. Une clientèle différente, composée exclusivement de femmes qui vivent des problématiques qui, bien souvent, viennent saboter leurs retours sur le marché du travail. Dépression, anxiété, difficultés financières, difficulté à garder un emploi ou difficulté à s’intégrer à leurs nouveaux milieux de travail sont des obstacles au quotidien pour ces femmes. Mame, forte de son expertise en employabilité et en ressources humaines, devient le pôle positif pour ces femmes qui rêvent d’un avenir meilleur tout en offrant un accompagnement complet dans leurs recherches d’emploi. Il y a toujours une certaine fragilité dans le suivi de parcours de ces femmes, car le réel défi pour Mame est de garder ces femmes sur le marché du travail, que ces femmes reprennent possession de leurs moyens, qu’elles se fassent confiance, mais surtout qu’elles restent sur la bonne voie. Cela demande de la patience, de l’adaptation et beaucoup d’ouverture d’esprit car la clientèle reste une clientèle avec des besoins particuliers.

 

Un modèle de réussite

Solidarité, partage, adaptation, détermination sont des mots qui ont toujours résonné dans la tête de Mame. Elle prône d’ailleurs l’idée de se trouver des modèles de réussite pour aider dans ce processus d’intégration et d’immigration réussi. Avoir des modèles de réussite lui a permis de se concentrer sur le positif plutôt que le négatif, de faire fi des commentaires racistes et de se construire une identité propre qui n’avait pas de couleur. Elle évite à tout prix de se victimiser et comprend très bien qu’en étant immigrante, tu dois toujours en faire un peu plus que la moyenne : pour se distinguer, pour sortir du lot, pour faire valoir ses opinions et ses convictions. Elle voit l’employeur qui la rappelle comme une volonté; une ouverture certaine à vouloir travailler avec une immigrante. Elle voit la motivation comme un moteur pour aller de l’avant. Elle voit le Québec comme une terre d’accueil de choix; une terre fertile pour divers apprentissages de la vie, une opportunité en or pour s’ouvrir aux autres et accepter nos différences, une façon de contribuer à la conservation de la langue française et à l’économie du Québec, une nouvelle manière de vivre ensemble. Son souhait le plus cher, que le Québec demeure cette terre d’accueil distincte et ouverte sur le monde.

 

Pour en savoir plus sur les activités de L’ANCRE relatives au mois de l’histoire des Noirs : Mois de l’histoire des noirs | L’Ancre (lancre.ca)

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